La France dispose d'intérêts militaires au Moyen-Orient, mais également d'accords de défense avec plusieurs pays dans la région.
Le Charles de Gaulle au large de Toulon, le 5 juin 2021. ( AFP / NICOLAS TUCAT )
Emmanuel Macron a annoncé mardi 3 mars le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle , d'avions Rafale, d'une frégate et de moyens de défense anti-aérienne au Moyen-Orient pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines. La France déploie plus de 1.500 militaires dans la zone, des avions de combat, des chars et de l'artillerie mobile.
Le navire amiral de la flotte française, qui vient de faire escale à Malmö en Suède, interrompt son déploiement prévu en Atlantique Nord pour "faire route vers la Méditerranée", a annoncé le chef de l'État. Le navire devrait mettre "à peu près huit jours" pour rallier la Méditerranée orientale, selon la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo. De là, la vingtaine d'avions de combat Rafale à son bord ainsi que ses deux avions-radars Hawkeye pourront concourir à la sécurisation du ciel.
"Le canal de Suez, la mer Rouge sont aussi sous tension et menacés. Nous sommes à l'initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" , a affirmé Emmanuel Macron.
Le déploiement du porte-avions, "c'est un signalement stratégique (...) ça veut dire nous défendons nos intérêts, nous sommes là", a fait valoir sur BFMTV Alice Rufo, pour qui avec ses avions, il "apportera une capacité d'agir de manière plus active, plus efficace, plus rapide".
"C'est aussi une démonstration de puissance sur un point particulier qui est le droit de la mer et la sécurité maritime, qui va être un enjeu majeur", a-t-elle ajouté. Le navire est escorté de plusieurs frégates dotées de missiles Aster de défense aérienne, ainsi que d'un sous-marin d'attaque.
Accords de défense
La frégate multimissions Languedoc arrivera par ailleurs "dès ce soir" à Chypre, selon le chef de l'État. La base britannique d'Akrotiri a été visée par des drones tirés du Liban voisin, "très probablement" par le Hezbollah, allié historique de l'Iran, selon une source gouvernementale chypriote. La Languedoc avait déjà eu à abattre avec ses missiles Aster des drones tirés du Yémen par les rebelles Houthis contre les navires transitant en mer Rouge en décembre 2023.
La Grèce a elle aussi déployé deux frégates et des avions F-16 à Chypre.
Outre Chypre, membre de l'Union européenne, la France est liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats et des "engagements solides avec la Jordanie et l'Irak, et notamment là-bas nos alliés kurdes", a rappelé Emmanuel Macron.
Plusieurs drones ont été abattus par les forces françaises "en légitime défense (...) dès les premières heures du conflit pour défendre l'espace aérien de nos alliés", selon lui.
"En plus des moyens déjà présents, des Rafale, des systèmes de défense anti-aérienne et des radars aéroportés (des avions Awacs, ndlr) ont été déployés ces dernières heures" dans la région, a-t-il indiqué sans plus de précisions.
La France dispose d'intérêts militaires dans la région. Outre la présence de 700 militaires français, membres de la Force intérimaire de l'ONU (Finul) déployée dans le sud du Liban, Paris déploie 900 militaires sur trois bases (aérienne, navale et terrestre) aux Émirats. Elle y stationne notamment plusieurs avions de combat Rafale ainsi que des chars Leclerc et des canons Caesar. Deux d'entre elles ont subi des "frappes limitées, ayant causé des dégâts matériels" depuis le début du conflit, selon lui.
La France déploie également plusieurs avions de combat en Jordanie dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste Inherent Resolve, à travers l'opération Chammal.
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